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L'Afrique commentée

1.11.05

La Côte d'Ivoire: la (re)descente aux enfers?

Dimanche a marqué la fin du mandat constitutionel du président de la République de Côte d'Ivoire. Pourtant, Laurent Gbagbo a annoncé qu'il restera au pouvoir un an de plus sous prétexte d'organiser de nouvelles élections pour le pays déchiré par une guerre civile. Ces éléctions devaient se tenir le 30 octobre dernier comme prévues par les nombreux accords dits de paix mais n'ont pas eu lieu faute d'intransgience du gouvernment et de la rébellion et de méfiance entre les deux camps. La situation fragile dans le pays risque donc de se déteriorer davantage.

Je n`accepterai jamais la décapitation de l`Etat de Côte d`Ivoire, a-t-il promis lors d'une adresse à la nation.

C`est pour garantir la mise en œuvre du principe de la continuité de l`Etat, lorsque le déroulement normal des élections est rendu impossible, notamment en cas d`atteinte à l`intégrité du territoire national, que notre Constitution charge le Président de la République de demeurer en fonction.

La rebellion, les Forces nouvelles, a nommé son leader Guillaume Soro comme nouveau chef de gouvernement.

L'opinion de l'opposition politique sur cette décision unilatérale des FN n'est pas claire.

"Le G7 (regroupant l`opposition politique et la rébellion des Forces nouvelles, FN) soutient fermement cette déclaration des FN et reconnaît Guillaume Soro comme le Premier ministre" de la Côte d`Ivoire, a déclaré à l`AFP par téléphone, Cissé Bacongo, membre du directoire du G7 et porte-parole du Rassemblement des Républicains (RDR) de l`ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

La base d'appui du RDR, tout comme celle des FN, est dans le nord du pays.

Or, le président du directoire du G7 Alphonse Djédjé Mady a souligné que c'est le droit des FN de proposer un nouveau premier ministre, mais pas d'en imposer un.

"[La nomination de Soro] n`est pas acquis. Il y a beaucoup de propositions, beaucoup de noms qui circulent" pour le poste de Premier ministre, a-t-il précisé..

La semaine dernière, le régime Gbagbo se trouvait dans l'eau chaude pour d'autres raisons. L'ONG Human Rights Watch l'a accusé de recruter des enfants soldats au Liberia voisin.

"Le gouvernement ivoirien accroît ses forces armées en recrutant des enfants qui ont combattu lors de la brutale guerre civile au Liberia," a déclaré Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique de l'organisation des droits de l'homme.